Bernard Chambaz, Histoire vivante des ouvriers de 1900 à nos jours

Dans Une histoire vivante des ouvriers de 1900 à nos jours, publié aux éditions du Seuil en 2020, l’écrivain nous entraîne dans un voyage où texte et images se répondent, à la découverte d’un siècle ouvrier qui se perpétue jusqu’à nous.

Dans un entretien au journal L’Humanité du 29 octobre 2020 il fait allusion à la situation des ouvrières friteuses à Loctudy en 1906.

« faire aussi entendre la part féminine de la classe ouvrière. Le choix s’est porté sur « vivante », finalement, en espérant que cette place des femmes dans le processus de production soit sensible dans le texte et par le choix des photographies. Ainsi le livre s’ouvre-t-il sur les « friteuses » de sardines de Loctudy en 1906. »

Il continue avec :

Vous l’avez indiqué, votre ouvrage est composé de très nombreuses photographies. Quelles sont celles qui vous ont marqué plus particulièrement ?

Bernard Chambaz Pour revenir à la dimension « sensible » que vous évoquiez tout à l’heure, c’est drôle, parce que sensible, cela revoie aussi à la pellicule. Les deux vont bien ensemble. Il y a beaucoup de photographies de mon livre qui m’ont touchées plus fortement que les autres. La plupart ne sont pas attachées à un nom de photographe très connu. Il y en a quelques-unes d’Édouard Boubat ou de Jean-Philippe Charbonnier, mais ce ne sont pas les plus nombreuses. Le choix que j’en ai fait relevait pour une part du sentiment que j’avais de la nécessité de telle ou telle photo pour équilibrer l’ensemble. J’ai quand même fouillé dans des cartons d’archives des heures et des heures pour arriver à ces 120 photos, mais c’est vrai que le choix se faisait, pour une part, sur l’émotion, pour une autre part, sur leur qualité esthétique. Et, bien sûr, ce choix a l’ambition de donner à voir la diversité du champ des activités ouvrières et des lieux où elles se tiennent.

À brûle-pourpoint, une des premières que j’indiquerai, ce sont des femmes qui sont à l’usine de pêcheries à Loctudy. Elle m’a beaucoup touché. Elle m’a paru évidente. Il faut les voir. Elles travaillaient l’été jusqu’à seize heures par jour, quand le patron de la conserverie avait besoin de leur travail, et demeuraient sans emploi, ni salaire, l’hiver. On perçoit à la fois, dans leur tenue et dans leur façon de regarder ou de ne pas regarder l’objectif de l’appareil photographique, une forme de dignité au travail et une façon d’être admirable.

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Révoltes ouvrières en Finistère Sud de 1924 à 1926 – Histoire, récits, photos

Eugène Cloutier : « Il y a toujours de la sueur de pauvre dans l’argent des riches. »
Victor Hugo : « C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches ».

Sommaire de ce dossier

1 – Lutte des ferblantiers-boîtiers (1894-1902) pour les salaires et contre les machines
2 – Luttes et syndicalisation avant la 1ère guerre – 1900 – 1914
3 – La révolte des sardinières de Douarnenez en 1924-25
4 – Les grèves dans les ports du pays bigouden en 1926
5 – Il reste actuellement très peu de conserveries dans ces secteurs
6 – Le projet de musée dans la conserverie Le Gall à Loctudy